Mosfilm, la cité du cinéma venue tout droit du passé.

Lundi matin, deux jours après que nous soyons arrivés à Moscou, nous procédons enfin à notre première rencontre ou plutôt visite guidée dans un lieu emprunt d’histoire et propice à la création : le studio Mosfilm. C’est en compagnie de Maria Gorkun-Voevoda, directrice des relations internationales que nous découvrons l’endroit. L’occasion de faire nos premiers pas dans le cinéma russe, avant de rencontrer le réalisateur Alexandre Sokurov plus tard lors de notre séjour.

Une fois sur place, l’une des premières choses que nous apercevons non loin de l’entrée est trois énormes tanks (il s’avère qu’un seul d’entre eux a, un jour été fonctionnel). La visite n’a pas encore commencée que nous sommes d’ors et déjà intéressés, intrigués par ce qu’il va suivre.

Véhicules utilisés pendant les tournages (Photo : Louna Boulay)

Fondé en 1920, le studio peut se targuer d’être le plus grand et plus vieux studio d’Europe et de Russie. Une grande partie des chefs-d’oeuvre du cinéma soviétique a vu le jour dans ces lieux, tout comme plusieurs films de propagande pour le régime. “Le Cuirassé Potemkine” d’Eisenstein ou encore “Solaris” de Tarkovski ont été produit par Mosfilm.

Reproduction d’une rue de Moscou (Photo : Timothé Goyat)

Ce décor créé de toutes pièces et qui représente le vieux Moscou nous met directement dans le bain cinématographique,. On a le sentiment d’être dans un autre temps en se baladant à travers ces fausses rues. Ce petit quartier aux allures de far west qui subsiste en plein air, donne une touche mélancolique, presque irréelle à ce que nous sommes en train de vivre. Heureusement pour nous que les bâtiments “modernes” qui entourent et surplombent les studios sont là pour nous ramener à la réalité.

Les costumes présents dans la collection, tout comme les décors ont en grande partie été créés par les studios. Certains ont d’ailleurs été utilisés qu’une seule fois avant de rejoindre le musée. Celui-ci comporte de petits trésors, certains pourraient trouver les pièces ringardes au vu de leur aspect pour le moment kitsch, mais un certain charme s’en dégage. C’est entre autres le cas de cette reconstruction d’une scène de “Vij”, film de Gueorgui Kropatchev et Constantin Erchov réalisé et diffusé en 1967. ll s’agit d’une adaptation d’un conte de Nicolas Gogol, ainsi que d’un des premiers et uniques films d’horreur produit au temps de l’Union Soviétique. Il fut un succès important avec plus de 30 millions d’entrées la première année.

Photo : Louna Boulay

On assiste alors à une des scènes du film rejouée en live par ces personnages. Le noir s’installe, les yeux rouges des monstres s’allument et une musique angoissante se met en route.

Parmi les trésors du musée, on retrouve une magnifique collection de voitures “vintage” en parfait état de marche. Véhicules militaires, Rolls-Royce, camion pompier, tout y passe, même un dinosaure…

Photo : Maxime Wangrevelain

À peine le temps de songer à monter dans ces voitures que la directrice nous annonce qu’il nous est possible de les essayer pratiquement tous. Voici l’opportunité venue de s’imaginer une fois au volant toutes les scènes de films possibles et de prendre la place de nombreux acteurs et touristes qui se sont installés sur ces sièges.

Photo : Alicia Virantin

Enfin, au fond du studio, une petite porte donne sur une pièce où l’on peut trouver du matériel cinématographique d’époque. On se retrouve alors devant des caméras, des micros, des éclairages ou encore les vestiges d’un ordinateur.

Photo : Maxime Wangrevelain

Si le studio a connu une période creuse dans les années 90 (suite à la dissolution de l’URSS) et n’a désormais plus le même éclat ni rayonnement international, il reprend peu à peu du poil de la bête. Sa survie provient essentiellement de la vente des droits de diffusion des anciens films produits. Aujourd’hui, Mosfilm accueille une grande partie de la production nationale, tous les longs-métrages, ou presque, y passent à un moment ou un autre de leur conception. Il est également devenu un musée, attirant de nombreux amateurs et fan internationaux de cinéma.

 

Photo : Flavien Eripret

Timothé Goyat et Maxime Wangrevelain